lundi 13 février 2012

Une envie... de mimosa !

Ce froid, qui persiste depuis deux semaines maintenant, me donne des envies de fleurs, de chaleur, ou plutôt de tiédeur, de confort... et j'ai trouvé le moyen de m'évader un peu vers des contrées plus accueillantes, plus vivables en somme, grâce à un parfum, une odeur: celle de mimosa !

Originaire d'Australie, et ramené sur le vieux continent très certainement après les expéditions du Capitaine Cook au XIXème siècle, cet arbre de la famille des Fabacées a été implanté avec succès notamment sur la Côte d'Azur, dont il est devenu l'un des symboles !
Proche cousin de nos très familiers petits-pois, haricots verts, cacahuètes, trèfles et autres tamariniers, il est principalement reconnu non pas pour ses qualités fourragères ou alimentaires, mais plutôt pour sa couleur qui illumine en hiver les jardins de la côte Méditerranéenne, et pour son parfum qui vient réchauffer les foyer du reste de la France, comme un bout de soleil dans un coin de la maison en plein hiver !

Acacia retinode
Le parfum que laissent échapper les petits pompon jaunes soyeux est, pour moi, comme un avant goût non pas du printemps, mais de l'été ! C'est un équilibre entre une odeur poudrée à l'image d'un nuage de pollen jaune d'or qui s'éparpille au moindre coup de vent, légèrement sucré, et l'odeur des foins, en pleine campagne sous un soleil radieux. Sentir un bouquet de mimosa, c'est sentir sur sa peau les rayons du soleil qui passent entre les branches du pin parasol sous lequel on est allongé, les brins d'herbe sèche nous chatouillant le coup et notre chapeau de paille posé sur le visage, dans lequel les petits trous laissent entrevoir des bribes de lumière qui clignotent au rythme du farniente... 

Dans mon envie irrépressible de mimosa, j'ai été chercher dans la parfumerie ce qui nous était proposé !

Chez l'Artisan Parfumeur, le Mimosa pour Moi d'Anne Flipo nous offre un bouquet de mimosa emplie d'une fraîcheur anisée, limpide et cristalline. Un mimosa pas assez soutenu et poudré pour moi, mais plutôt joli dans son genre, il ravira les personnes, hommes ou femmes, à la recherche d'une eau simple et originale construite autour d'une note trop peu utilisée en parfumerie.


Avec Champs Elysées, Guerlain propose un mimosa plus travaillé, serti de roses fraîches et de quelques notes fruitées plutôt aqueuses. Les pompons jaunes poudrés s'expriment tout particulièrement durant les notes de cœur, puis s'estompent en une trace anisée et tout juste poudrée au bout de quelques heures, laissant plutôt la place aux autres fleurs. Un mimosas donc plus habillé, moins nonchalant, bridé par des notes qui l'empêchent de dévoiler des facettes plus inattendues... 

... Ces facettes inattendues, on les retrouve dans Une Fleur de Cassie, chez Frédéric Malle. Construit autour de l'absolue de cassie (Acacia cavenia et Acacia farnesiana, originaires d'Inde), ce parfum peut être considéré comme un OVNI tant sa concentration ce dernier est importante (près de 4%) et tant l'odeur de cette matière première est difficile à travailler avec ses accents soufrés, aldéhydés et sa note médicinale comme le dit Dominique Ropion, son créateur, dans l'Herbier Parfumé aux éditions Plume de Carotte. Concrètement, ce jus sombre révèle une épaisseur oscillant entre le foin coupé à l'odeur végétale et l'air saturé en pollen qui lui confère un côté poudré, velouté. Plus proche d'un jersey, ou même d'un tweed, que d'un velours, il me ravit plutôt à l'automne, avec ses accents fumés. Loin de l'odeur du mimosa conventionnel dont j'ai envie, il ne comblera aucunement mes attentes du moment, mais reste une référence en la matière !




Chez Frédéric Malle, toujours, l'Eau d'Hiver créée par Jean-Claude Ellena traite le mimosa dans la douceur, la finesse, la tendresse... je regrette le temps qu'il m'a fallu avant de me rendre compte que ce parfum, que je n'arrivais pas à saisir, à comprendre, était construit autour de cette note que j'affectionne tant ! Mais la découverte n'en est que plus belle... caramel doux, héliotrope, miel... un vrai pull en cachemire! Le seul problème avec cette eau tiède, c'est l'effet fade et aseptisé d'une formule trop minimaliste peut être, qui me met mal à l'aise, moi qui suis plutôt habitué aux parfums qui ont du coffre, du corps, de la profondeur...

Farnesiana, de Caron (1947), m'a conquis depuis bien longtemps, et reste pour moi le mimosas de référence dans la parfumerie, ou plutôt, mon attache, celui vers lequel je reviens toujours ! Le coup de foudre n'a pas été immédiat, mais il n'a pas mis longtemps à arriver... douceur amandée et poudré, d'une dragée à l'amande craquante et à la robe de sucre. Farnesiana, en hommage à l'Acacia du même nom, me rappelle parfois l'odeur de la pâte-à-modeler de mon enfance, mais ce n'est en rien déplaisant! Facile à porter, au charme un peu rétro, il se porte comme une eau de toilette et est parfait pour les soirées tranquilles à la maison. Ce n'est pas le plus connu de la gamme Caron, et pourtant, il vaut bien un petit coup de narine !

Enfin, à la manière des bouquets de pomponettes jaunes utilisés pour parfumer les maisons, je conseille tout particulièrement deux bougies de la marque Diptyque à tous ceux qui préfèreraient l'odeur ensoleillée du mimosa dans leur salon plutôt que dans leur cou: la bougie "Mimosa" à l'odeur de foin vert, anisé et fleuri, et la bougie "Aubépine" où la fleur se fait plus gourmande, plus poudrée, sucrée et jouant sur la facette amandée du mimosa.

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6 commentaires:

  1. C'est vrai, le mimosa, c'est le soleil qui entre dans la maison, la promesse que l'hiver est presque fini, comme un avant goût de l'été à venir...

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  2. salut ^^
    je ne m'y connais pas grand chose en parfum mais c'est toujours agréable de se sentir effleuré par l'effluve de tes articles
    A bientôt

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    1. Salut Jérôme !
      Justement, c'est mon but d’intéresser et de sensibiliser au mieux les lecteurs et encore plus ceux "qui n'y connaissent rien" comme tu dis!
      C'est difficile, je ne sais pas si beaucoup de gens lisent mes articles à propos de parfums, mais c'est un réel plaisir à chaque fois de partager des choses à ce sujet!

      A bientôt!

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  3. Tes investigations sur les parfums sont étonnantes ! Envisagerais-tu de devenir "nez" ? Avec tes connaissances florales je verrais bien ça... Joli, le mimosa. J'en ai cultivé un en pot un certain temps (une pousse reçue du Tessin), mais ce n'est pas vraiment fait pour... et la serre devenait trop petite pour l'abriter l'hiver.

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  4. Patrice, viens faire un petit tour en Picardie, j'ai une surprise pour toi !
    MC

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  5. Aujourd'hui j'ai mis Classic Mimosa de Von Eusersdorff, dont je t'avais un peu parlé, et ça m'a fait penser à ton bel article, il va falloir que je redécouvre tout ça ! Raaah il faudra absolument que tu viennes sentir Classic Mimosa à Paris. Par contre il est plutôt chaud/froid, vert/piquant, et assez puissant par sa note presque terreuse.

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