mercredi 23 mai 2012

Crash Test Mugler - Nouveautés printemps 2012

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Angel Aqua Chic - Bye bye cacao


Dans cette version "light" du best-seller de Mugler, c'est comme si le patchouli-chocolat avait été remplacé par l'eau de bleuet que nous promet la publicité. Bon, admettons... mais en fait ça sent quoi l'eau de bleuet ? On va dire que ça donne une note florale et limpide au parfum. A moins que ce soit le "bleuet" dont nos cousins de Québec raffolent et que l'on appelle, chez nous, plus communément, la myrtille ; car c'est indéniable, dans cet opus d'Angel, l'accent est clairement mis sur les fruits rouges !
Certes, sans le cacao cette version est plus portable en été, moins étouffante et envahissante aussi bien pour ceux qui le portent, que pour ceux qui doivent le supporter dans le métro, par exemple, sur la fille d'à côté qui a eu la main lourde sur le flacon !
Cependant, même si la "Signature Angel" y est reconnaissable, c'est comme s'il avait été amputé d'un de ses membres. C'est pourquoi, s'il faut opter pour un flanker d'Angel, je préfèrerais attendre l'hiver pour pouvoir porter la version "Goût du Parfum", enrichie en cacao amère (mais malheureusement sortie en édition limitée!).

note: 2,5/5

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Womanity Eau pour Elles - Fig Soap !

 J'étais content de pouvoir découvrir une version plus légère de la dernière fragrance lancée par Thierry Mugler en 2010, que je trouvais un poil trop synthétique et envahissante pour me décider à la porter!
 Mais mon engouement a vite été refroidit !
Si l'identité du parfum original est bien respectée, l'évolution me laisse perplexe : le fruit retombe vite en une figue encore plus synthétique que dans l'original et qui, associée à ce fond poudré et douceâtre, ainsi qu'a différents muscs blancs (je présume !), donne une odeur de shampoing bien indélicate et dérangeante.
En soi, cette "Eau" n'est pas vilaine, mais je préfèrerais la sentir dans le sillage de quelqu'un d'autre plutôt que sur moi.
 Il ne me reste plus qu'à retourner vers Womanity original, et essayer de l'apprivoiser en trouvant le nombre de micro-gouttes idéal à utiliser!

note: 1/5


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Alien Aqua Chic - La Bonne Surprise !


Dominique Ropion retravaille ici son opulent jasmin-extraterrestre créé pour Mugler en 2005.
Le jasmin se calme et laisse exploser une brassée de frésias couleur jaune d'oeuf, éclatants au soleil, accompagnée, comme dans l'original, d'un accord "fleurs blanches solaires" qui me rappelle la tubéreuse. 
Pour le réorchestrer, Dominique Ropion s'est comme "installé" sur une terrasse, sous l'air frais et ensoleillé du printemps, a plongé ses pinceaux dans un grand verre d'Eau de Gingembre, et a commencé à imbiber ses feuilles de lavis transparent, de taches irisées. Et c'est réussit !
Si Alien était le pendant olfactif d'une toile de maître, représentant un bouquet de jasmin et de fleurs d'oranger, exécuté à l'huile et utilisant une large palette de nuances, Alien Aqua Chic serait, quant à lui, une copie à l'aquarelle, où les pigments sont l'âme des fleurs, et la trame épaisse et granuleuse du papier la note minérale du gingembre.
Alien ne perd en rien, ici, de son sillage et de son opulence, même si le tout est plus doux, plus fin. 
Si les "codes sexuels" de la parfumerie actuelle n'étaient pas si bridés et difficiles à casser chez la plupart des consommateurs, Mugler aurait pu sortir cet opus en version mixte.
Le fond légèrement fleuri, boisé et ambré serait troublant sur un homme !

note: 5/5
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lundi 21 mai 2012

J'veux du soleil ...

Il y a quelques jours, le soleil brillait et nous laissait, enfin, présager l'arrivée des beaux jours, une bonne fois pour toute!

Le jardin, dans sa période creuse (période du printemps sans nouvelles floraisons, en attendant le gros de la floraison des iris et l'arrivée des roses!), offrait de jolis tableaux.

Les aulx géants en fleurs, de plus en plus nombreux chaque année, élevaient fièrement leurs pompons violets, dépassant fièrement le rosier "Baronne Prévost" qui préparait gentiment ses boutons en secret.

Aulx géants, à côté du rosier 'Baronne Prévost', en premier plan un pied de Pimprenelle
 D'un extrême à l'autre: dans le massif "Rouge et Blanc", mais aussi ailleurs au jardin, fleurissaient à ras-terre les Allium karataviense, petites boules très attachantes et fidèles...
Allium karataviense


Dans les coins ombragés, les pétales soyeux de la pivoine rouge sang recevaient quelques fins rayons d'entre les feuilles ciselées et plissées du Korette du Japon...


Non loin, le vert anis de l'Euphorbia polychroma illuminait les massifs au moindre éclat de lumière.Un fluo pas si criard, et qui donne du punch !

Euphorbia polychroma

Les fétuques, nombreuses au jardin, ont fait exploser leurs épis, donnant un avant goût des très prochaines fauches dans les champs alentours, qui empliront l'air d'une douce odeur verte, puis de végétal moite et tiède qui laisseront enfin place à une douce odeur de foin, aux notes amandées, de paille et de noix de coco.

Festuca glauca

L'érable Acer palmatum 'Atrolineare' encore petit, installé récemment dans le massif 'Rouge et Blanc' scintillait de pourpre et de rouge dans un jeu d'ombre, de lumière et de contre jour :


Et d'autres plantes offraient aussi leurs plus beaux atouts:

le Pigamon et ses légers nuages vaporeux :

Pigamon

Les géraniums et leurs pétales veinés :



L'Hélianthème jouait à imiter le soleil, et on comprenait alors la signification de son nom :

Hélianthème

Les pavots et les coquelicots, en pleine réunion de famille, mettaient au point les derniers préparatifs pour le spectacle qu'ils préparaient : une explosion de drapés de soie et de plissés de velours sous les projecteurs du maître de cérémonie, Elios :



Je parle au passé, mais toutes ces beautés n'ont pas disparues, oh non !
C'est juste que maintenant, on ne peut les admirer que depuis derrière notre fenêtres. La pluie est de retour! Encore et encore et encore et... pfffffff !
Nan mais quand est-ce que nous auront ENFIN un temps convenable? J'ai l'impression qu'on fait que de se lamenter sur cette météo, mais ce n'est pas sans raison: on veut du soleiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiil !!


Le spectacle des papavéracées a bien eu lieu, et va se poursuivre encore pendant plusieurs jours, mais le faste de la cérémonie n'est pas au rendez vous, sous le lavis fade et gris des nuages...


Et c'est un spectacle d'un autre genre qui se déroule: celui des gouttes qui donnent aux drapés et aux couleurs une autre dimension, et que j'aime tant prendre en photo :





 Et puis comme j'en parlais plus haut, voici la première fleur du rosier ancien 'Baronne Prévost' qui a bravé la pluie, avec courage. Quel plaisir de retrouver ce parfum de rose fruitée et frais !

Rosier Baronne Prévost

Et qui dit pluie, dit impossibilité de profiter des iris en fleur et de prendre des photo "potables" des hybrides en fleurs en ce moment ! Et surtout : on peut mettre une croix sur les hybridation ; car lorsqu'il pleut, le travail est complètement mis à sac. Le pollen déposé sur les stigmate est 'lavé' par les gouttes et la fécondation est interrompue. Alors il faut attendre que les beaux jours reviennent... 

Quand ? On ne sait pas !
Pour combien de temps? Ça c'est encore une autre question !

Et pour se quitter, une dernière photo ; celle d'une de mes obtentions en fleur pour la première fois, 38/09-B et ses pétales très sombre, malgré la fleur abimée :

Hybride 38/09-B

Bonne semaine à tous, et...

VIVEMENT LE SOLEIL !



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mardi 15 mai 2012

Tubéreuse Criminelle - Serge Lutens


Telles Charybde et Scylla, certaines beautés, dangereuses, nous attirent par leur chant mélodieux, mais mensonger. Certains êtres ou situations nous séduisent, alors que leur approche est risquée.
Telles des plantes carnivores qui nous séduisent par leurs effluves et leur apparence, le piège de l'apparente beauté est un pari, parfois risqué.
Laissez-vous séduire par le chant de cette mante religieuse... A vos risques et périls !

OpiumTom
 
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Plantons le décor: Le paysage est sombre, presque lunaire, ou plutôt abyssal, mais l'eau y est remplacée par un air moite. La lumière est rare sous la couche épaisse et basse de fumée cotonneuse, et les quelques rayons qui réussissent à traverser les fumerolles vert foncé caressent les pierres couvertes d'une fine couverture de mousses suintantes. Partout l'eau ruisselle et perle. 


détail  ; source: www.azurs.net


Dans ce décor digne du Précambrien, une forêt de colonnes de pierres rongées par l'humidité et érodées par le temps encercle une large clairière. La lumière, d'un vert plus clair, illumine l'immense étendue de lapiaz où le lichen fait office de tapis que domine, en maître, une bien étrange créature ...

Cette belle plante est ancrée dans les mousses et les lichens et  y puise, tel un parasite, les sucs nécessaires à sa survie. A partir du précieux jus sucré, elle fabrique un liquide amer, âpre et bouillonnant qui irriguera les vaisseaux de sa tige d'un vert opalescent. Il ne rejoindra jamais la feuille, symbole du végétal vivant et autosuffisant, car, en bon parasite végétal qu'elle est, elle n'en possède pas. Cette sève ira plutôt perler à l'aisselle des épines, aiguisées et cinglantes, qui hérissent le tronc de la créature, comme autant de harpons qui l'ont transpercée.


photo source: www.linternaute.com rubrique sciences


A chaque base d'aiguillon perle une goute d'acide ; et quand le suc empoisonné traverse les tissus turgescents quasiment dépourvus de chlorophylle, c'est un cri strident et grinçant qui retentit et déchire le calme de la pénombre, réveillant un sentiment d'angoisse au plus profond de vous. Et comme tous les végétaux, lorsqu'elle se sent en danger, elle répand, autour d'elle, tanins âpres et toxines cinglantes qui emplissent l'air.
Mais contrairement aux autres plantes, ce n'est pas en réponse à un agresseur extérieur qu'elle réagit, mais bel et bien à cause de sa propre folie furieuse !

Véritable furie, sa folie l'affole, son affolement la rend folle !
Dans une plainte suraigüe à vous en déchirer les tympans, elle élance vers le ciel tourmenté son corps qui tournoie et s’allonge, développant à chaque nouveau centimètre, de nouvelles aiguilles, de nouveaux cris inhumains...

 C'est le venin qui la traverse en cherchant à atteindre son but ultime, qui la fait se mouvoir et s'allonger. Puis, dans un ultime cri, la créature s'étouffe en un bourgeon dodu et semble se pétrifier. Lorsqu'un rayon tiède égaré se risque enfin à caresser l'épiderme glabre et froid de la bête endormie, le bourgeon explose en un drapé de soie blanche : cinq longs pétales élancés et doucement spiralés entourant un cœur d'étamine crème, et retombant en une large ombrelle au sommet de la tige émoussée.



Détail de pétales blancs



Le calme est maintenant revenu ; plus un bruit dans l'immense clairière, et les plaintes olfactives, vertes et grinçantes, ont laissé la place à des effluves narcotiques et profondes qui s'échappent d'un étendard blanc virginal.
Sa fleur est-elle si innocente que cela ?
C'est une ensorceleuse née ! Grande comédienne, grande illusionniste, diva capricieuse, elle use de nombreux subterfuges pour arriver à ses fins. Elle semble apaisée, somnoler, mais n'oubliez pas : sa folie, elle l'a dans le sang.
On l'a appelée, Tubéreuse Criminelle !  




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Tubéreuse Criminelle, Christopher Sheldrake pour Serge Lutens, 1998.
Disponible à l'export en flacons rectangulaires, en édition limité, depuis l'automne 2011 dans les points de vente sélectionnés, ou en flacon "Cloche" aux Salons du Palais Royal.

Un grand merci à OpiumTom pour ses conseils avisés, pour l'échantillon de cette merveille envoyé alors qu'il n'était pas encore disponible à l'export, et pour sa préface au poil! ;-)


jeudi 10 mai 2012

Premier bébé 2012 ...

Voilà, c'est avec plaisir que je vous présente le premier iris 2012, provenant de mes obtentions perso, en fleur! 

C'est aussi l'un des seuls Tall Bearded (iris barbus) en fleur pour l'instant. Ce serait donc un précoce?!




Le croisement date de 2009, et est inconnu ; ben oui... j'ai perdu l'étiquette. C'était à prévoir, je suis tellement minutieux pour l'étiquetage au jardin!!!
Donc bon, la génétique est tellement aléatoire, qu'il est même impossible d'émettre une hypothèse sur les potentiels parents! En tous cas, le résultat est là...

La fleur est d'un jaune crème beurré peut être un peu terne, mais très nuancé. Justement, c'est le fait que ce jaune ne soit pas criard, qui le rend intéressant. J'ai vraiment du mal avec les iris d'un jaune pétaradant!


Peut être un jour sera-t-il enregistré officiellement auprès de la SFIB ?
C'est une chose qui me ferait très plaisir, un jour, de pouvoir ajouter quelques-unes de mes créations à la liste de celles des hybrideurs français tels que Rose Linda Vasquez, Sébastien Cancade, Sylvain Ruaud et j'en passe...

Mais pour cela, il faut aussi lui trouver un nom!

Alors petit jeu: comment baptiseriez-vous ce petit nouveau?
La nomenclature impose une limite de trois mots pour chaque nom (ce qui laisse pas mal de possibilités quand même!). Alors soyez imaginatifs...laissez parler votre imagination, trouvé l'inpiration dans la couleur, la forme... je sais que vous aurez plein d'idées!

A vos commentaires...



... et bientôt d'autres obtentions en fleurs:


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